2026 marque une accélération réglementaire sans précédent en Europe. Le RGPD, en vigueur depuis 2018, est désormais doublé par l'AI Act européen (Règlement UE 2024/1689), dont les premières obligations contraignantes touchent les systèmes d'IA à haut risque à partir du 2 août 2026. Hors UE, la Suisse a refondu sa loi sur la protection des données (nLPD) en septembre 2023, et le Québec applique intégralement sa Loi 25 depuis septembre 2024.
Ce guide parcourt chaque territoire francophone, ses textes applicables, ses autorités et ses obligations concrètes. L'objectif n'est pas de faire du droit, mais d'aider les décideurs à poser les bonnes questions avant de déployer de l'IA.
La catégorie IA et RGPD regroupe toutes les analyses produites sur ce sujet. Voici le cadre de référence.
Le RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données) régit le traitement des données personnelles dans les 27 pays de l'UE depuis le 25 mai 2018. Il impose une base légale pour chaque traitement, une information transparente des personnes concernées, et une analyse d'impact (AIPD) pour les traitements à risque élevé. L'IA qui traite des données personnelles — c'est-à-dire presque toute l'IA commerciale — entre pleinement dans ce champ.
L'AI Act (Règlement UE 2024/1689), premier cadre légal mondial sur l'IA selon la Commission européenne, complète le RGPD avec une logique par niveaux de risque. Les pratiques d'IA interdites (notation sociale, manipulation psychologique) ont été prohibées en février 2025. Les obligations sur les modèles d'IA à usage général s'appliquent depuis août 2025. Les systèmes IA classés à haut risque — recrutement, scoring, biométrie, accès aux services essentiels — entrent dans le champ des obligations le 2 août 2026. Les pénalités pour non-conformité atteignent jusqu'à 15 millions d'euros ou 3 % du chiffre d'affaires mondial annuel.
Hors UE, la nouvelle Loi sur la protection des données suisse (nLPD), en vigueur depuis septembre 2023, et la Loi 25 québécoise, intégralement applicable depuis septembre 2024, imposent des obligations comparables, avec leurs propres autorités et calendriers.